Les traces
Par Paul Lewin le , - A propos des mémoires... - Lien permanent
A propos des mémoires...
Peut-être est-il préférable de parler de
traces corporelles plutôt que de mémoires.
Bien sûr, poussières d'étoiles comme dirait Hubert REEVES, nous sommes le
résultat de milliards de mémoires et cela constitue notre terrain. Pour autant,
dans le cadre de notre travail, nous constatons qu'un certain nombre de
mémoires laisse des traces qui perturbent le mouvement interne du corps, et par
là même certaines fonctions, physiques et/ou psychiques.
Ces traces constituent une sorte de point d'ancrage fonctionnant comme un pôle
d'attraction autour duquel va se réorganiser l'axe énergétique du corps.
Notre expérience clinique nous a montré et nous confirme tous les jours que la
libération de ces points d'ancrage nécessite parfois d'interroger la personne
sur le trauma - qui peut être physique ou émotionnel - en résonance avec ses
traces.
Dans ce cas, la démarche n'est pas du tout dans un but d'information ni dans
quelque intention analytique. L'intention du thérapeute n'est pas centrée sur
le contenu de ce qui est dit, mais bien sur un repositionnement global de la
conscience corporelle dans l'espace-temps du trauma en question, afin de
faciliter la libération (on pourrait aussi parler de décollement) de mémoires
inscrites dans la chimie même du corps.
Des portes peuvent alors s'ouvrir et les structures corporelles figées se
remettre en mouvement.
Au delà des traces corporelles, les liens extracorporels...
Il apparaît parfois que l'axe général énergétique de la personne soit décalé
par rapport à son axe corporel, comme si le pôle d'attraction dont nous
parlions plus haut se situait véritablement hors du corps.
Notre expérience clinique nous montre qu'à de très rares exceptions près, cette
attraction est en lien avec une personne de sa famille décédée, parfois même
avant sa conception.
Nous insistons sur le fait que ces liens sont très différents des traces que
nous rencontrons fréquemment concernant un deuil encore présent: En effet, le
deuil touche essentiellement le centre de la poitrine, et dans tous les cas se
situe au niveau de la personne.